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Catalogue

Le Cahier Noir

Le Cahier Noir

Un film de Valeria Sarmiento

Avec Lou de Laâge, Stanislas Merhar, Niels Schneider, Jenna Thiam

Le récit des aventures, au crépuscule du XVIIIe siècle, d’un couple singulier formé par un petit orphelin aux origines mystérieuses et sa jeune nourrice italienne à la naissance pareillement incertaine.

Ils nous entraînent dans leur sillage, de Rome à Paris, de Lisbonne à Londres, de Parme à Venise.

Toujours suivis dans l’ombre, pour d’obscures raisons, par un Calabrais patibulaire et un inquiétant cardinal, ils nous font côtoyer de ténébreuses intrigues au Vatican, les affres d’une passion fatale, un funeste duel, le marivaudage à la cour de Versailles et les convulsions de la Révolution française.

  • 2018, France / Portugal - Period-drama

Date de sortie

Casting

LOU DE LAÂGE
STANISLAS MERHAR
NIELS SCHNEIDER
JENNA THIAM
FLEUR FITOUSSI
DAVID CARACOL
VASCO VARELA DA SILVA
TIAGO VARELA DA SILVA


Avec la participation spéciale de 

GRÉGOIRE LEPRINCE-RINGUET
et la participation amicale de 

VICTORIA GUERRA, JOANA RIBEIRO 

et CATARINA WALLENSTEIN

Équipe

Un film de VALERIA SARMIENTO

Librement inspiré du roman "Livro Negro de Padre Dinis" 

de CAMILO CASTELO BRANCO
Musique originale JORGE ARRIAGADA
Image ACÁCIO DE ALMEIDA
Son CARLOS MOTA et MIGUEL MARTINS
Montage LUCA ALVERDI
Direction artistique ISABEL BRANCO
Assistants metteur en scène PAULO MIL HOMENS 

et ANTÓNIO PINHÃO BOTELHO
Production exécutive ANA PINHÃO MOURA
Coproducteur CARLOS BEDRAN

Produit par PAULO BRANCO


Une coproduction LEOPARDO FILMES

et ALFAMA FILMS PRODUCTION
En association avec CB PARTNERS, APM PRODUÇÕES
Avec la participation de CINÉ+, RTP  
Avec le soutien de la PROCIREP, CÂMARA MUNICIPAL DE LISBOA et LISBOA FILM COMMISSION 

Valeria Sarmiento

Née au Chili en 1948, Valeria Sarmiento a suivi des études de Philosophie et de Cinéma avant de débuter sa carrière de cinéaste. Exilée à Paris après le coup d’Etat de 1973, elle n’a cessé d’envoyer des messages politiques aux dirigeants d’Amérique latine à travers ses films et ses documentaires. Elle est également la collaboratrice privilégiée de Raùl Ruiz, dont elle monta la plupart des films, et dont elle fut la compagne.


EL HOMBRE CUANDO ES HOMBRE (1981), tourné au Costa Rica, aborde le machisme latino-américain par ses côtés les moins nuisibles, voire les plus sympathiques (le romantisme, la sentimentalité, la courtoisie), avant de dévoiler progressivement les pires aspects de l’oppression ordinaire. Les chansons populaires et les mariachis mexicains y servent de commentaire ou de contrepoint. Aussi bien dans le documentaire que dans la fiction, Valeria Sarmiento soigne la dramaturgie, ménage ses suggestions. LA PLANETE DES ENFANTS (1991), filmée à Cuba, joue sur l’ambiguïté pour mieux décrire une institution pour enfants censée susciter les vocations professionnelles mais débouchant sur l’embrigadement d’un castrisme crépusculaire.


Les films de fiction confirment son attachement à la culture populaire et sa volonté de jouer avec les conventions et les stéréotypes.NOTRE MARIAGE (1984), son premier long métrage, est sélectionné dans de nombreux festivals et reçoit le Prix Jeune Réalisateur à San Sebastian. AMELIA LOPES O’NEILL (1991) est sélectionné au Festival de Berlin en 1991 et reçoit notamment le Prix de la Fondation Gan. Tourné au Chili, ce film s’inscrit dans l’univers mélodramatique du boléro, et Valeria Sarmiento y développe un regard à l’affût des mentalités et des comportements qui perdurent, au-delà des transgressions. Dans ses films suivants, ELLE (1994) ou ROSA LA CHINE (2002), elle poursuit une réflexion sur le couple. L’INCONNU DE STRASBOURG (1998), à l’esthétique paradoxale, sera également remarqué. En 2012, elle succède à Raùl Ruiz qui décède pendant la préparation du film et réalise LES LIGNES DE WELLINGTON, grande fresque historique et film choral sur la débâcle napoléonienne au Portugal en 1810.


En 1988, elle reçoit une dotation de la Fondation Guggenheim.


En 2008, l’Université de Stanford organise une rétrospective de son œuvre.


En 2010, elle partage avec Raúl Ruiz le prix Art Critics Circle’s Bicentennial for Cinema.

Lou de Laâge - Actrice

Née en 1990 à Bordeaux, Lou de Laâge est découverte par le public en 2008. Alors âgée de 18 ans, elle fait ses débuts sur petit écran dans un épisode de la série « Les Petits meurtres d’Agatha Christie. »


Filmographie sélective :
2011 : J’aime regarder les filles de Frédéric Louf
2011 : Nino (une adolescence imaginaire de Nino Ferrer) de Thomas Bardinet
2013 : Jappeloup de Christian Duguay
2013 : Des gens qui s’embrassent de Danièle Thompson
2014 : Respire de Mélanie Laurent
2015 : Le Tournoi d’Élodie Namer
2015 : L’Attente de Piero Messina
2016 : Les Innocentes d’Anne Fontaine

Stanislas Merhar - Acteur

Né en 1974, il étudie pendant cinq ans le piano à l’École Normale de Musique de Paris. Stanislas Merhar travaille ensuite la dorure sur bois. Il est remarqué lors d’un casting sauvage organisé par Anne Fontaine pour les besoins du film Nettoyage à sec.


Filmographie sélective :
1997 : Nettoyage à sec d’Anne Fontaine
1999 : La Lettre de Manoel de Oliveira :
1999 : Furia d’Alexandre Aja
2000 : Franck Spadone de Richard Bean
2000 : La Captive de Chantal Akerman
2000 : Les Savates du bon Dieu de Jean-Claude Brisseau
2001 : Nobel de Fabio Carpi
2001 : I cavalieri che fecero l’impresa de Pupi Avati
2002 : Un monde presque paisible de Michel Deville
2002 : Merci Docteur Rey d’Andrew Litvack
2003 : Adolphe de Benoît Jacquot
2003 : L’Enfance de Catherine d’Anne Baudry
2005 : Un fil à la patte de Michel Deville
2005 : Code 68 de Jean-Henri Roger
2006 : Comme un chat noir au fond d’un sac de Stéphane Elmadjian
2006 : Müetter de Dominique Lienhard
2006 : L’Héritage de Géla Babluani et Temur Babluani
2011 : En ville de Valérie Mréjen et Bertrand Schefer
2011 : L’Art d’aimer d’Emmanuel Mouret
2012 : La Folie Almayer de Chantal Akerman
2014 : Rosenn d’Yvan Le Moine
2015 : L’Ombre des femmes de Philippe Garrel
2015 : Left Foot Right Foot de Germinal Roaux
2017 : Madame d’Amanda Sthers

Niels Schneider - Acteur

Né en 1987 à Paris d’une mère mannequin et d’un père comédien et metteur en scène, Niels Schneider débarque au Québec en 1996. Il débute neuf ans plus tard dans le métier, commençant par faire des doublages de voix, puis travaille son jeu d’acteur en parallèle en suivant des cours d’interprétation théâtrale et d’art dramatique.


Filmographie sélective :
2007 : Le Goût du néant de Pascal Robitaille
2008 : Tout est parfait d’Yves Christian Fournier
2009 : J’ai tué ma mère de Xavier Dolan
2009 : À vos marques... party! 2 de Frédéric d’Amours
2010 : Les Amours imaginaires de Xavier Dolan
2011 : Hurlements 8 de Joe Nimziki
2012 : L’Âge atomique d’Héléna Klotz
2013 : Les Rencontres d’après minuit de Yann Gonzalez
2013 : Désordres d’Étienne Faure
2013 : Opium d’Arielle Dombasle
2014 : Gemma Bovery d’Anne Fontaine
2014 : Une rencontre de Lisa Azuelos
2014 : Voix off (La Voz en off) de Cristian Jimenez
2015 : L’Antiquaire de François Margolin
2016 : Le Cœur régulier de Vanja d’Alcantara
2016 : Diamant noir d’Arthur Harari
2016 : Polina, danser sa vie de Valérie Müller et Angelin Preljocaj
2016 : Belle Dormant d’Adolfo Arieta
2017 : Dalida de Lisa Azuelos et Jean Sobieski
2018 : Un peuple et son roi de Pierre Schoeller
2018 : Un amour impossible de Catherine Corsini

Jenna Thiam - Actrice

Née en 1990, au sein d’une famille d’artistes, Jenna Thiam se passionne très tôt pour le théâtre. Après plusieurs courts-métrages, la jeune comédienne trouve son premier rôle à la télévision dans le premier épisode la série Clem, en 2010.


Filmographie sélective :
2013 : La Crème de la crème de Kim Chapiron
2014 : Salaud on t’aime de Claude Lelouch
2014 : L’Année prochaine de Vania Leturcq
2014 : Vie sauvage de Cédric Kahn
2015 : Anton Tchekhov -1890 de René Féret
2016 : L’Indomptée de Caroline Deruas
2017 : Mes provinciales de Jean-Paul Civeyrac

  • Festival International du Film de San Sebastián

    Compétition Officielle

  • TIFF - TORONTO INTERNATIONAL FILM FESTIVAL

    Contemporary World Cinema

Valeria Sarmiento

Un voyage au travers de l’histoire et de l’Europe - Entretien avec Valeria Sarmiento

Quelle est l’origine du projet ?
 
A l’origine, je devais faire un autre film avec Paulo Branco, La Piste de glace (d’après Roberto Bolaño), pour lequel on n’avait pas trouvé de financement, puisque les droits du roman devenaient de plus en plus chers. Alors, dans l’un des placards de Raoul (Ruiz), j’ai trouvé un scénario écrit par Carlos Saboga. Il devait le réaliser après les Mystères de Lisbonne. A l’époque le scénario n’était pas très long. Par la suite, Carlos l’a retravaillé et je l’ai apporté à Paulo en lui disant que puisque La Piste de glace restait en suspens, on pourrait faire Le Cahier Noir. Et Paulo a accepté tout de suite parce qu’il adore Camilo Castelo Branco, l’auteur du roman, et il avait aussi adoré les Mystères de Lisbonne. Cela semblait une belle continuation, de faire un second film sur un autre roman de l’écrivain portugais.
 
 
Est-ce une préquelle des Mystères ?
 
Livro Negro de Padre Dinis (titre original du roman) est une histoire qui, d’une certaine manière, précède Les Mystères de Lisbonne où l’on raconte, en flash-back, la naissance d’un enfant. Dans Le Cahier Noir, par ailleurs, il s’agit de l’enfance d’un garçon appelé Sebastian, ainsi que l’histoire, très importante, de la femme qui l’élève. Raoul s’intéressait, comme il a pu le dire à Carlos, au personnage du Cardinal. Mais moi, j’étais plus intéressée par le personnage de la nourrice. J’y ai trouvé des références, des éléments qui sont très clairs pour nous en Amérique latine. Je pensais à ces histoires d’initiation dans certaines familles bourgeoises, où c’est parfois la jeune femme de ménage qui éveille le désir, ce qui peut donner parfois des histoires terribles, car d’une certaine manière ce sont les employées de la maison qui initient les adolescents à la sexualité. J’ai donc décidé de me concentrer sur le personnage de la femme plutôt que celui du cardinal.
 
 
A quel point êtes-vous intervenue dans le scénario ?
 
J’ai suivi le scénario initial de Carlos Saboga, même si j’ai un peu réduit l’importance du personnage du cardinal.
On avait même pensé à intégrer une partie des Mystères de Lisbonne à l’intérieur du film, mais il aurait fallu tourner à nouveau, car on n’avait pas la même photographie, pas le même cadrage ni le même rythme, et bien sûr pas les mêmes acteurs. Donc j’ai décidé de faire l’impasse de cette séquence, chose que Carlos ne me pardonnera peut-être pas ...
 
 
Est-ce un feuilleton ?
 
Il s’agit, oui, d’un feuilleton dans lequel apparaissent des personnages historiques. Contrairement à Raoul, c’est la première fois que je travaille sur cette période. Après avoir lu le roman et le scénario, je me suis beaucoup documentée sur cette époque. Une époque liée à la présence de libertins, comme le marquis. J’ai lu un livre qui m’a beaucoup appris à ce sujet, Les Derniers Libertins de Benedetta Craveri.
 
 
Vous ne faites pratiquement pas appel aux acteurs avec lesquels vous ou Ruiz aviez travaillé auparavant…
 
J’étais au Chili et Paulo m’a envoyé le nom de cinq comédiennes pressenties pour le rôle de Laura et j’ai regardé des extraits des films dans lesquels elles avaient joué. J’avais découvert Lou de Laâge dans Les Innocentes, et en revoyant des extraits, cela m’a convaincu qu’elle devait faire le rôle. Elle a quelque chose de frêle, de fragile qui m’a attirée. Elle semble à la fois fragile mais avec un feu intérieur.
Pour le reste des personnages, cela dépendait un peu de Paulo Branco, pour des raisons à la fois pratiques et économiques. C’était la première fois que je travaillais avec eux.
 
 
Vous la filmez avec une générosité et une sensualité inédites.
 
Une des choses que je découvre avec l’âge, c’est que je peux regarder les jeunes personnes avec beaucoup de tendresse. Je voyais le couple qu’elle formait à l’écran avec Niels Schneider, et je trouvais qu’ils étaient de très beaux exemplaires de la nature humaine !



L’image de ce film est étonnante…
 
J’avais fait Les Lignes de Wellington avec le chef-opérateur André Szankowski, et nous devions travailler à nouveau ensemble, mais il n’était pas disponible. Je suis donc revenue à mon vieil ami et collaborateur Acacio de Almeida, avec qui nous avons travaillé souvent, et cela s’est, à nouveau, très bien passé. Il est pour moi un directeur de la photographie tellement malléable, aimable. Il aura bientôt 80 ans…


Je voulais que le film ne soit pas trop réaliste. Et pour cela, nous avons cherché la possibilité d’enlever une couleur… J’ai découvert qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Espagnols, n’ayant pas les moyens de s’équiper en Technicolor, avaient inventé une technique similaire. Ils ont fait comme ça plusieurs films impressionnants... avec un résultat étonnant, où les verts viraient vers les bleus. De manière subtile, de notre côté, nous avons utilisé un filtre pour essayer d’avoir l’effet de cette pellicule. Mais les décors costumes avaient déjà, disons, une couleur en moins. Ainsi, on atteignait une impression d‘irréalité, ce que je voulais dans le film. On ne se rend pas toujours compte à quel point l’image, les couleurs, déterminent la vision qu’on peut avoir d’un film. Surtout dans ce cas de rêverie, une autre époque comme fantasmée. Je voulais que le spectateur entre dans l’atmosphère d’un conte. Cela me semble plus en accord avec le scénario, puisque le personnage principal est un personnage de légende. En tout cas, qui est voué à le devenir.


Nous cherchions cet effet, une espèce de …faux dans la couleur. C’est très doux, on s’en aperçoit petit à petit. C’est pour cela que nous avons travaillé tous les décors et les costumes en amont, en enlevant une couleur, le bleu. Cela devenait compliqué, par exemple, lorsqu’il s’agissait des uniformes des soldats. Mais si nous avons réussi, c’est grâce au talent et au travail des équipes d’Isabel Branco, qui fait à la fois les costumes et les décors. J’ai déjà travaillé à trois reprises avec elle. C’est une artiste formidable, car elle sait travailler avec peu de moyens. Grâce à elle, chaque époque avait sa propre cohérence. Imaginez, on ne pouvait pas utiliser de bleu, et pourtant, on s’en est bien sorties !


Le film s’étend en effet d’avant la Révolution, disons 1770 à la deuxième campagne d’Italie, en 1800 environ. Nous avions une carte, une sorte de frise géante dans laquelle on notait les époques du scénario, avec des indices historiques. Nous avons organisé les époques, et alors Isabel a adapté les costumes et les décors. Je pense que grâce à elle aussi on atteint à cette sensation onirique qui est le propre de ce feuilleton rocambolesque.
 
 
Et comment s’organise le tournage d’un film qui se passe à plusieurs époques et à différents lieux ?

 
Nous avons filmé pendant six semaines, ce qui est court pour un film à costumes. Nous avons essentiellement tourné au Portugal, dans les environs de Lisbonne, Sintra... Le Portugal est le seul lieu où l’on peut encore trouver des palais disponibles. Ce sera peut-être la dernière fois, puisque maintenant pour tourner des films d’époque on commence à devoir payer très cher. L’histoire se passe dans toute l’Europe, mais tout a été tourné au même endroit. Il y a certains détails qui évoquent des lieux différents. Pour Rome, par exemple, on a mis un petit son de cloches, ou le son bien connu des « pavés de Paris » : c’est une fiction, et nous demandons au spectateur d’y croire.
 
 
Et vous qui êtes souvent connue comme monteuse, vous confiez le montage à quelqu’un d’autre.
 
Quand je fais des films de fiction, je ne m’occupe jamais du montage. Ici, c’est Luca Alberdi, un monteur italien qui travaille au Portugal. J’avais fait appel à lui pour Les Lignes de Wellington. Ce qui est intéressant c’est que ce sont deux films au style très différent. Ici on avait besoin d’aller vite, que le feuilleton avance à un rythme effréné, alors que dans Les Lignes on devait s’installer dans le tempo, suivre de longs et complexes plans-séquences, puisqu’il s’agissait de voir comment la guerre s’installe dans la vie des personnages. Le Cahier noir a été conçu comme un feuilleton, il en épouse le rythme, et il faut constamment relancer l’action.


Je pense qu’il doit y avoir le vertige de la narration, qui ne te laisse pas une seconde. La durée du film doit préserver ce suspens, ce rythme très soutenu.

 


Comme le nombre d’ellipses, par exemple ?
 
Ce rythme nécessitant des ellipses est voulu par la structure du feuilleton. C’était déjà présent dans le roman d’origine : tout s’enchaîne, on passe de la Révolution française à l’Empire et aux guerres napoléoniennes.



Est-ce que par ailleurs vous avez retrouvé certains de vos collaborateurs habituels ?
 
Oui, pour la musique, par exemple, nous avons travaillé avec le compositeur Jorge Arriagada, dès le début du montage. On lui envoyait des séquences montées et il nous proposait des musiques, et ensuite on pouvait, grâce à cela, reprendre le montage.
 
 
Dans ses collaborations avec vous, il est un vrai caméléon.
 
Je connais bien Jorge, j’ai monté une bonne partie des films de Raoul avec ses compositions. Parfois, comme ce fut le cas pour la Telenovela errante, il me « prête » de la musique.
 
 
La Telenovela errante, projet inachevé de Ruiz, que vous venez de remonter. Et par ailleurs, vous venez de terminer un feuilleton pour la télévision chilienne. Comment se fait la transition vers un film d’aventures qui se passe au 18e siècle en Europe ?
 
Mon projet au Chili est aussi un film d’époque. Il se passe en 1952, au moment où les femmes ont pour la première fois le droit de voter au Chili, après de terribles moments de persécution communiste. C’est l’arrière-plan historique du feuilleton, raconté en dix épisodes : l’histoire de deux femmes qui essaient de récupérer le magasin de leur père. Je n’ai pas eu de souci pour passer de films à petit budget à un autre type d’économie, puisque je travaille avec des équipes différentes.


Une chose est bien claire dans mon travail. D’un côté, il y a la fiction. J’ai commencé comme réalisatrice de fiction avec CorínTellado, par exemple, en adaptant des histoires à l’eau de rose. Mais lorsque je fais des documentaires en Amérique latine, je fais des documentaires sur des thèmes très durs. Comme une sorte de dédoublement. Pour l’instant, avant de revenir tourner des documentaires en Europe, je dois terminer un autre projet inachevé de Raoul, El Tango delviudo.
 
 
Et ce fameux cahier noir, alors ?
 
C’est le propre du feuilleton, et c’est ce que dit le Cardinal incarné par Stanilsas Merhar. Il vaut toujours mieux que le mystère demeure...

News sur Le Cahier Noir

LE CAHIER NOIR de Valeria Sarmiento au Toronto International Film Festival

LE CAHIER NOIR, dernier film de Valeria Sarmiento, sera présenté dans la section Contemporary World Cinema. Il s'agira de la première mondiale du film.

LE CAHIER NOIR de Valeria Sarmiento en Compétition Officielle à San Sebastian

LE CAHIER NOIR, dernier film de Valeria Sarmiento, sera en compétition pour la Coquille d'Or du Festival International du Film de San Sebastián. Le Festival aura lieu du 21 au 29 septembre. Le film sortira en salles en France le 3 octobre 2018.

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