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Catalogue

Sacro Gra

Sacro Gra

Un film de Gianfranco Rosi

A travers les histoires personnelles de sept personnages, le film explore les territoires inconnus autour du “Grande Raccordo Anulare” (GRA), les 70 kilomètres du boulevard périphérique de Rome. Loin des monuments iconiques de la ville éternelle, le GRA est le théâtre des marginaux d’une capitale qui n’en finit plus de s’étendre.

Date de sortie

Disponible en
DVD

DVD

Bonus

.

Langage:

Italien


Sous-titres:

Français et Portugais

Caractéristiques:

91 min | Ecran 16/9 compatible 4/3 1.78:1 | Couleur | Dolby Digital 2.0 | DVD5 | TOUS PUBLICS

Disques:

1

Casting

Cesare - Le pêcheur d’anguilles
Paolo et Amelia - L’aristocrate piémontais et sa fille
Roberto - L’ambulancier
Francesco - Le botaniste
Filippo et Xsenia - Le Prince et son épouse
Gaetano - L’acteur

Équipe

Réalisation, caméra, son – Gianfranco ROSI
D’après une idée originale de Nicolo BASSETTI et Lizi GELBER
Montage – Jacopo QUADRI
Son – Stefano GROSSO, Riccardo SPAGNOL, Giuseppe D’AMATO
Assistant-réalisateur – Roberto RINALDUZZI
Producteur – Marco VISALBERGHI (DOCLAB)
Producteurs associés - Dario ZONTA et Lizi GELBER
En coproduction avec LA FEMME ENFORMIE (Carole SOLIVE) et RAI CINEMA
Avec le soutien du MINISTERE ITALIEN POUR LES BIENS ET LES ACTIVITES CULTURELLES,
de LA REGION LATIUM, de FILAS, de LA COMMISSION DU FILM DE ROME LATIUM
Avec la participation du CENTRE NATIONAL DU CINÉMA ET DE L’IMAGE ANIMÉE
Distribution France ALFAMA FILMS
Ventes Internationales DOC & FILM INTERNATIONAL

  • Festival de Venise 2013

    Lion d'Or

Gianfranco Rosi

NOTE DU RÉALISATEUR

Un guide invisible

Quand j’étais en repérage pour le film, je transportais avec moi Les villes invisibles d’Italo Calvino. Le livre de Calvino est constitué d’une myriade d’intrigues, ce qui laisse au lecteur la liberté de se le représenter mentalement d’une multitude de façons, qui s’entrechoquent et se superposent. Sa structure est dense et complexe et le lecteur peut l’interpréter de multiples manières en fonction de son état d’esprit, de son environnement et des circonstances qui affectent sa vie. Le livre m’a accompagné durant les nombreux mois de la réalisation du film alors que le GRA lui-même semblait s’évaporer, se rendant plus invisible que jamais.


Le Gra

Le GRA, fleuve de trafic ininterrompu, et les gens qui l’habitent forment une réalité qui demande à être regardée et prise en compte. Ses contradictions sont surprenantes : un frère franciscain en train de prendre des photos du ciel au milieu de la bande d’arrêt d’urgence, des troupeaux de moutons en pâture à quelques mètres des voitures circulant à 120 km/h… Des mondes en mouvement qui se croisent sans jamais se prendre en compte. Le jour, le GRA est seulement une plateforme de transport, mais la nuit, c’est un monde d’une grande complexité qui émerge et n’est accessible qu’après le crépuscule.


Regarder et Filmer

Filmer m’est douloureux. Le simple fait de sortir la caméra l’est autant. Avant de le faire, je dois m’être rapproché de mes personnages et de leurs histoires. Ce processus peut prendre des mois. Ce n’est qu’après cette approche graduelle que je peux savoir avec quelle distance, quel angles et quels cadres filmer les plans. Lorsque finalement je sais que le temps de tourner est arrivé, il n’y a plus de doutes. A ce moment, il n’y a plus que moi et le personnage, la caméra semble disparaître de mes mains.
Filmer, ce n’est pas simplement le fait d’amener une action à la vie : c’est la contraction d’une multitude d’éléments qui sont apparus au cours du temps. La question n’est pas de savoir quel style utiliser pour une scène en particulier mais plutôt de savoir combien de temps passer avec un personnage avant de trouver la bonne distance et la bonne perspective avec lesquelles filmer son histoire. Ce qui apparaît là est bien plus complexe que le simple fait d’observer ou de mettre en scène un plan.


L'équipe

Pour toutes ces raisons, j’ai toujours préféré être seul avec mes personnages, sans équipe. J’ai essayé de travailler de cette manière également sur SACRO GRA, mais pour la première fois j’ai été accompagné par une équipe réduite de collaborateurs inspirants, sans lesquels il aurait été impossible de terminer ce projet. A la différence de mes autres films, qui sont l’aboutissement d’une rencontre personnelle avec un lieu et ses personnages, SACRO GRA est à l’origine l’idée de LiziGelber, qui nous l’a proposée, à moi et au producteur Marco Visalberghi, qui a cru en son potentiel. Grace aux conseils, aux contacts, et à l’enthousiasme constant de l’urbaniste Nicolò Bassetti, à l’origine également de l’idée du film, j’ai été progressivement capable de transformer ce ruban d’asphalte en un lieu regorgeant d’histoires. J’ai eu d’interminables conversations, souvent au volant de notre minivan, avec Roberto Rinalduzzi, mon assistant réalisateur, un compagnon de voyage idéal et le confident de tous mes doutes, mes peurs et mes incertitudes. Il a su par instinct à quel moment me quitter pour me laisser seul avec les personnages, protégeant ainsi l’intimité totale qui entoure le moment de filmer. Jacopo Quadri, avec qui j’ai monté tous mes films, a apporté une fluidité et une cohérence symphoniques au rythme et à la musicalité des séquences, chose essentielle pour un film qui n’a pas d’intrigue centrale. Je me suis finalement tourné vers Dario Zonta, qui par son expérience aux cotés de Pietro Marcello et d’Alina Marazzi et grâce à sa connaissance critique du cinéma documentaire était l’homme idéal pour produire ce film complexe et résoudre les problèmes techniques et créatifs qui auraient émergé durant sa création.