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Un film de Carlos Saboga

Avec Anna Mouglalis, Simão Cayatte, Johan Leysen

Sa mère vient de mourir. Son père n’est pas celui qu’elle croyait.

Prise entre un passé incertain qu’elle ne connaît qu’à travers les photos laissées par sa mère et la perspective d’un mariage qu’elle ne désire pas réellement, Elisa se lance à la recherche de la vérité.
Sa quête d’un père supposé, qui est aussi une fuite en avant, la mène de Paris à Lisbonne, des fantômes de la contestation des années 70 à un présent hypothétique.
Elle y croise des morts qui parlent, des mémoires qui flanchent, des tortionnaires à la retraite, de sémillants jeunes gens et au fil de ces rencontres, navigue de doute en doute et de mystère en mystère.
Mais connaît-on jamais le fin mot d’une histoire ?

Date de sortie

Casting

Anna Mouglalis - Elisa

Simão Cayatte - David
Johan Leysen - Tom
Didier Sandre - Uriel
Marisa Paredes - Pilar
Rui Morrison - Fontana
Hélène Patarot - Maria
José Neto - Martim
Anabela Brígida - Odete
Ana Padrão - Inês

Équipe

Réalisation et scénario CARLOS SABOGA

Photographie Mário Barroso
Décors Maria José Branco
Costumes Isabel Branco
Assistant réalisation José Maria Vaz da Silva
Direction de production Ana Pinhão Moura
Montage Paulo Mil Homens
Son Ricardo Leal, António Lopes e Miguel Martins
Producteur Paulo Branco
Société de production Alfama Films
avec la participation de Canal +
avec le soutien de CNC Centre National du Cinéma et de l’Image Animée

Anna Mouglalis

Née en 1978, Anna Mouglagis fréquente le Conservatoire national supérieur d’art dramatique jusqu’en 2001. Le grand public la découvre fin 2000 dans « Merci pour le chocolat » de Claude Chabrol. On la retrouve par la suite dans « Novo » de Jean-Pierre Limosin où elle tient pour la première fois un rôle principal, puis notammentdans « Romanzo Criminale » de Michele Placido. A trois reprises, on a pu la voir incarner de grandes figures féminines françaises : Simone de Beauvoir dans le téléfilm « Les amants du Flore » d’Ilan Duran Cohen, Coco Chanel dans « Coco Chanel et Igor Stravinsky » de Jan Kounen, et Juliette Gréco dans « Gainsbourg : vie héroïque » de Joann Sfar. Elle apparaît également dans les films de Samuel Benchétrit « J’ai

 toujours rêvé d’être un gangster » (2008) et « Chez Gino » (2011).

Anabela Brígida

Studied acting at Escola Superior de Teatro e Cinema in Lisbon and took part of a acting course at Lee Strasberg Studio in London. Anabela Brígida has worked with Ávila Costa, Sandra Faleiro, José Peixoto, Juvenal Garcês, António Simão, André Murraças, João Lourenço and Bruno Bravo. In cinema Anabela Brígida has played roles in films directed by Manuel Mozos, Rita Antunes, Marta Pessoa and many others.

José Neto

A la fois comédien et metteur en scène, José Neto a collaboré avec les principaux théâtres portugais Teatro Nacional D. Maria, Teatro da Cornucópia, Teatro da Trindade, Teatro da Garagem and Companhia Karnar. José Neto a aussi tourné pour le cinéma dans les films de Joaquim Leitão, José Nascimento, Luís Galvão Teles et Leonel Vieira.

Hélène Patarot

Hélène Patarot partage sa carrière entre le théâtre, le cinéma et la télévision, mais également entre la France et la Grande-Bretagne. Elle a notamment joué dans des films d’Alain Resnais, Jean-Jacques Annaud, Peter Brook et Laurence Ferreira-Barbosa.

Rui Morrison

Entre 1976 et 1996, Rui Morrison a été un homme de radio célèbre au Portugal, notamment grâce à sa très populaire émission « Morrison Hotel ». Il s’est illustré à deux reprises dans des films scénarisés par Carlos Saboga : « Un amour de perdition » de Mario Barroso et « Les Mystères de Lisbonne » de Raul Ruiz. En 2010, il remporte le Globe d’Or portugais du meilleur acteur pour « O sorrisos do destino » de Fernando Lopes.

Marisa Paredes

Récompensée par deux nominations aux Goya, Marisa Paredes, connue pour ses collaborations avec Pedro Almodovar – « Tout sur ma mère », « La fleur de mon secret », « Talons aiguilles », « La piel que habito » - est l’une des plus grandes figures du cinéma espagnol. On a notamment pu la voir dans « Le Miroir Magique » de Manoel de Oliveira, « La vie est belle » de Roberto Benigni, « Deep Crimson » d’Arturo Ripstein, « Trois vies et une seule mort » de Raúl Ruiz et très récemment « Les Lignes de Wellington » de Valeria Sarmiento.

Didier Sandre

Acteur de théâtre accompli, Didier Sandre s’est illustré au cinéma chez Régis Wargnier, Romain Goupil ou encore Éric Rohmer. Il a déjà croisé Anna Mouglalis dans le téléfilm d’Ilan Duran Cohen « Les amants du Flore ».

Johan Leysen

Né en 1950 en Belgique, Johan Leysen a joué dans plus de 130 films et séries depuis 1977. On a notamment pu le voir au cinéma dans « Je vous salue Marie » de Jean-Luc Godard, « La reine Margot » de Patrice Chéreau, « Train de vie » de Radu Mihaileanu, « L’inconnu de Strasbourg » de Valeria Sarmiento, « Le pacte des loups » de Christophe Gans ou encore, dernièrement, « Jeanne captive » de Philippe Ramos.

Simão Cayatte

Acteur et metteur en scène de théâtre et de cinéma, Simão Cayatte vit et travaille entre Lisbonne, Londres et New York. En tant que comédien, il a travaillé notamment avec les réalisateurs Werner Schroeter et Roberto Faenza. Ses courts-métrages ont été récompensés à plusieurs reprises : « The Blind Voyeur » a reçu le prix du jury au FILMAKA Film Festival en 2007 ; « A viagem » a été sélectionné à la Cinéfondation au Festival de Cannes 2011.

Ana Padrão

Ana Padrão, une des actrices les plus connues et reconnues au Portugal, a travaillé avec de nombreux cinéastes de talents tels que Fernando Lopes, João César Monteiro, Jorge Silva Melo, António Pedro Vasconcelos, Mário Barroso, Raúl Ruiz et Bruno de Almeida. Elle a aussi tourné dans Gigola réalisé par Laure Charpentier et l’adaptation du roman de José Saramago, le Radeau de Pierre (A jangada de pedra).

  • Festival de Rome 2012

    Sélection Officielle

Carlos Saboga

Note d'Intention

Les prémices de cette histoire étaient en moi depuis longtemps :


Il y avait une histoire vraie, qui m’avait frappé : un groupe de jeunes contestataires qui avaient décidé de passer à la lutte armée et qui dans ce contexte, avaient été amenés à exécuter un des leurs.
Et une photo que j’ai toujours sur ma table de travail : mon père, jeune, se tient près d’une rivière, là où j’ai appris à nager, avec d’autres membres de ma famille et me porte, moi, petit, dans ses bras. Je trouve cette photo incroyable : chaque fois que je la regarde, mon père est toujours jeune, et je suis toujours en train d’apprendre à nager.
C’est de ces deux éléments que je me suis inspiré pour « Photo ».


Quand j’ai commencé à écrire, je suis parti de l’histoire de deux morts sur une photo, qui renvoyait à un contexte politique fort, celui des années 70, faisant écho à mon propre exil et à mes interrogations sur cette époque.
Puis peu à peu, je me suis attardé sur l’idée des vivants qui portent en eux les morts, leurs proches mais pas seulement, et l’histoire d’Elisa est devenue centrale.
La ressemblance physique entre Elisa et sa mère crée un pont entre deux époques, deux pays, entre ses « pères », entre photographie et cinéma, au moment-même où sa mère meure et où le mariage et l’idée que sa vie va se figer l’effrayent.


A la fin du film, elle a traversé quelque chose dont elle ne sait pas très bien ce que c’est. C’est d’ailleurs aussi le cas de tous les personnages. Et de nous-mêmes.
Les survivants d’une époque qu’elle retrouve sont dans le constat d’un désenchantement, loin des certitudes de leurs 20 ans. Ils n’ont pas pour autant de regrets de leurs choix ou même de leurs crimes mais font le constat qu’ils ont changé ou que des choses ont changé.
Le lien au passé et aux morts qui nous habitent n’est pas mortifère. C’est la prise de conscience d’un mouvement.


Mouvement vers la mort, certes, et en cela le cinéma présente la mort au travail tandis que la photographie affranchit du temps, retenant les morts.
Mais c’est aussi un mouvement vital.


Dans le film il y a des morts, mais il y a aussi un avenir, notamment pour Elisa, et la dernière scène se passe dans un cimetière mais un cimetière baigné de lumière, avec pour horizon la mer. Je ne dénonce rien. Il y a peut-être des leçons à tirer mais ce n’est pas ma préoccupation. Je cherche à faire exister cette présence absence.


Le personnage plutôt que l’intrigue.
L’acteur plutôt que la caméra.
Le corps plutôt que la psychologie.
La photo venue du passé plutôt que le flash-back y retournant.
La voix autant que le visage.
Le hors-champ autant que le décor.
L’hypothèse que l’essentiel dans un film, c’est ce qui ne se voit pas.


Carlos Saboga

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