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L'Astragale

L'Astragale

Un film de Brigitte Sy

Avec Leïla Bekhti, Reda Kateb, Esther Garrel, India Hair

Une nuit d’avril 1957. Albertine, 19 ans, saute du mur de la prison où elle purge une peine pour hold-up. Dans sa chute elle se brise l’os du pied : l’astragale. Elle rampe jusqu’à la route et interpelle une voiture. Elle est secourue par Julien, repris de justice, qui l’emmène et la cache chez une amie à Paris. Pendant qu’il mène sa vie de malfrat à droite à gauche en province, elle réapprend à marcher dans la capitale. Julien est arrêté et emprisonné. Seule et recherchée par la police, elle se prostitue pour survivre et, de planque en planque, de rencontre en rencontre, lutte au prix de toutes les audaces pour sa fragile liberté. Mais les souffrances physiques qu’elle endure ne sont rien à côté de ce que l’absence de Julien provoque dans sa chair...

Date de sortie

Disponible en
Blu-ray et DVD

Blu-ray

Bonus

• Emission Panorama : Les menottes et la plume (Questions à Julien Sarrazin)
• Lecture pour tous, émission du 7 décembre 1966 (Entretien avec Albertine Sarrazin)
• Dim, Dam, Dom, émission du 28 janvier 1966 (Portrait de Albertine Sarrazin)
• De Soleil et d’Azur, émission du 19 janvier 1967 (Albertine Sarrazin en séance de dédicaces)
• JT Montpellier : Julien Sarrazin poursuit l’enquête pour éclaircir la mort de sa femme Albertine

Langage:

Français


Sous-titres:

Pas de sous-titres

Caractéristiques:

96’ | BD 25 Région B | 1080p | Format 2.35:1 - Ecran 16/9 | B/W | Audio DTS-HD 5.1 | TOUS PUBLICS

Disques:

1

DVD

Bonus

• Emission Panorama : Les menottes et la plume (Questions à Julien Sarrazin)
• Lecture pour tous, émission du 7 décembre 1966 (Entretien avec Albertine Sarrazin)
• Dim, Dam, Dom, émission du 28 janvier 1966 (Portrait de Albertine Sarrazin)
• De Soleil et d’Azur, émission du 19 janvier 1967 (Albertine Sarrazin en séance de dédicaces)
• JT Montpellier : Julien Sarrazin poursuit l’enquête pour éclaircir la mort de sa femme Albertine

Langage:

Français


Sous-titres:

Anglais, Portugais

Caractéristiques:

96’ | DVD 9: DUAL LAYER / PAL | Format 2.35:1 - Ecran 16/9 compatible 4/3 | B/W | Audio 5.1 Dolby Digital | TOUS PUBLICS

Disques:

1

Casting

Leïla Bekhti Albertine
Reda Kateb Julien
Esther Garrel Marie
Jocelyne Desverchère Nini
India Hair Suzy
Jean-Charles Dumay Roger
Jean-Benoît Ugeux Marcel
Delphine Chuillot Catherine
Zimsky Riton
Billie Blain Coco

Équipe

Réalisation Brigitte Sy

D’après le roman de Albertine Sarrazin, ©Pauvert, marque des Editions Fayard

Scénario Brigitte Sy, Serge Le Péron
Produit par Paulo Branco
Directeur de la photographie Frédéric Serve
Directeur de production Nicolas Picard
Décors et costumes Françoise Arnaud
Scripte Virginie Prin
Montage Julie Dupré
Chef opérateur du son Luc Meilland
Mixage Mélissa Petitjean
Musique originale Béatrice Thiriet
Une production Alfama Films

Brigitte Sy

Note d'Intention

« J’ai passé le quart de ma vie en prison, je suis passée au tribunal pour enfants, en correctionnelle, en Assises, j’ai bagarré, j’ai soupiré, j’ai rigolé ; aussi je sais du profond de ma certitude que sous le boisseau enchevêtré des rocailles et des ferrailles, des nuits blanches et des heures grises, il est toujours un jour, un retour… » A.S


Lorsque très jeune, j’ai lu L’astragale, j’avais dû pressentir que mon destin serait lié, même si pas exactement comme celui d’Albertine Sarrazin, à la prison.


Il est possible que dans mes nuits lointaines, j’ai rêvé être Albertine, bien longtemps avant de marcher moi-même de l’autre côté du mur. Ou peut-être ai-je rêvé que cette femme royale et malicieuse, douce et violente,  ironique, intellectuelle, sensuelle et tendre, combative et déterminée soit ma mère.


L’astragale est l’histoire d’un amour fou : celui d’une jeune fille de 20 ans pour un homme qui l’a recueillie blessée, au pied du mur de la prison dont elle vient de s’évader, une nuit d’avril 1957. La cavale d’Albertine s’achèvera en juin 1958, par son arrestation à Paris.


L’action de mon film se déroule entre ces deux dates.


L’astragale est une histoire extraordinaire, par la rencontre miraculeuse d’Albertine et Julien et intensifiée par leurs empêchements à rester ensemble.


Grâce à lui, elle marche à nouveau. Elle souffre de sa blessure physique mais c’est surtout d’amour qu’elle souffre.


C’est également le portrait d’une jeune femme dont la passion de l’extrême, l’amour de la liberté et l’ivresse de la jeunesse en font une héroïne éternellement moderne. Albertine n’appartient à rien, elle s’appartient. Elle est son monde, sa terre, sa propre planète. Une planète en feu qui explosera plus tard en plein vol.


En cavale, et en guerre contre tout ce qui l’entrave au moment où l’Algérie est à feu et à sang, où en France surviennent les premiers attentats et où la chasse au FLN est lancée. Albertine, née en Algérie, abandonnée, puis adoptée par un couple de français, « ignore » ses origines maghrébines. Elle arpente les rues de Paris et traverse la France entière. Recherchée, chaque minute de liberté peut être la dernière, chaque front plissé, la menace d’une trahison.


Si son extraordinaire capacité à se croire indestructible la préserve des dangers qui la menacent, c’est surtout son irréductible besoin d’écrire qui la sauve. L’écriture est la peau d’Albertine. Pour l’atteindre dans son corps et dans son âme, il eût fallu l’empêcher d’écrire.
Cette cavale, la prostitution, la solitude, l’attente, les risques pris, c’est pour vivre, pour continuer à vivre, le temps de retrouver Julien. Au fond, la fin du film, au moment de leur séparation radicale,  est le vrai commencement de leur grande histoire d’amour, comme l’a écrit Albertine, « sans terre, sans maison ».


Récemment j’écoutais à la radio un philosophe en citer un autre. « Il n’y a pas d’explication à l’amour », ça c’est une évidence mais lorsqu’il a ajouté ; « on n’aime pas quelqu’un à cause de ses qualités, mais c’est parce qu’on l’aime qu’on lui trouve des qualités », il a éclairci ma journée toute entière…


Leïla Bekhti et Reda Kateb


C’est le matin du jour où j’ai entendu pour la première fois la voix de la chanteuse judéo-arabe Line Monty, (on l’entend chanter dans le film) que j’ai pensé proposer le rôle d’Albertine à Leïla Bekhti.

C’est le soir du jour où Leïla m’a dit oui, que j’ai proposé le rôle de Julien à Reda Kateb.

Albertine et Julien Sarrazin se sont dit « oui » une seconde fois, lorsque les visages de Leïla et de Reda se sont trouvés réunis dans une image de mon film.


Je crois profondément que Leïla devait rencontrer Albertine Sarrazin, dans sa vie d’actrice mais également dans sa vie de femme. Je sais que cette rencontre a eu lieu, combien elle était juste et nécessaire - au film et à Leïla.
Je savais la douceur de Julien Sarrazin, son humanité, sa générosité. Je l’ai compris en rencontrant Arlette Pautou, sa seconde femme, en compagnie de Reda Kateb. Arlette nous a raconté Julien. De Reda je connaissais l’acteur, je ne connaissais pas l’homme ; doux, bon et généreux.
Lorsque nous l’avons quittée, Arlette a regardé Reda et sans le faire exprès elle lui a lancé un « au revoir Julien ». Nous avons souri et sommes repartis confiants, en quelque sorte.


Oui, Albertine, « il est toujours un jour, un retour…. »


L’époque


De l’évasion au braquage, en passant par une prostitution choisie et ses amours homosexuelles, la personnalité d’Albertine contraste fortement avec la France ultra-conservatrice de la fin des années 50.


Faire un film « d‘époque »,  c’est refuser de prouver à chaque détour de plan que les signes objectifs du film (costumes, voitures, coiffures, mobilier) sont bien conformes et redouter de les voir devenir un spectacle pour eux-mêmes.


Avant le tournage, j’ai découvert le film de Marcel Hanoun « Une simple histoire », tourné en 1957. J’ai reconnu des cadres et des lumières que j’avais imaginé pour mon film. Alors, j’ai pensé que l’exigence formelle de ce film tourné en 1957 et qui de fait n’avait pas à le prouver, serait un exemple pour moi et une référence dans la stylisation des décors que nous avons cherché à représenter. C’était pour nous, Frédéric Serve le chef opérateur et moi-même, par la sobriété des cadres, et un travail rigoureux de la lumière, que nous pensions possible de rendre crédible cette époque, et les rues de Paris où les pas d’Albertine Sarrazin résonnent encore lorsque je me promène à certaines heures du jour.


Brigitte Sy,
réalisatrice

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