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A une heure incertaine

A une heure incertaine

Un film de Carlos Saboga

Avec Joana Ribeiro, Paulo Pires, Judith Davis, Grégoire Leprince-Ringuet

1942. Dans le Portugal de Salazar, deux réfugiés Français suspects, BORIS et LAURA, sont arrêtés. L’inspecteur VARGAS, séduit par la jeune femme, décide de les cacher chez lui : un hôtel désert où il vit avec sa fille ILDA et sa femme gravement malade. ILDA découvre leur présence et, rongée par la jalousie, s’attache à les faire disparaître coûte que coûte…

Date de sortie

Casting

Joana Ribeiro - Ilda

Paulo Pires - Vargas
Judith Davis - Laura
Grégoire Leprince-Ringuet - Boris
Filipa Areosa - Deolinda
Pedro Lima - Jasmim
Ana Padrão - Marta (Participation Spéciale)
Joana de Verona - Madalena
João Paulo Santos (Kid) - Pide
Filipe Crawford - Présentateur (Voix)

Équipe

Scénario et Réalisation : Carlos Saboga

Directeur de la Photographie : Mário Barroso
Direction artistique : Zé Branco
Musique : Alain Jomy
Assistant réalisateur : José Maria Vaz da Silva
Montage : Monique Dartonne
Produit par Paulo Branco

Une production : Leopardo Filmes
Avec le soutien de la Câmara Municipal da Mealhada, RTP et l'ICA

Carlos Saboga

Né au Portugal en 1936, Carlos Saboga a fui dans sa jeunesse la dictature de Salazar et a gagné clandestinement la France puis l’Italie avant d’être naturalisé français. Il est principalement reconnu pour son travail de scénariste et traducteur mais il fut aussi journaliste et assistant réalisateur.


Dès le début des années 1970, le travail de Carlos Saboga est salué par la critique internationale. Il reçoit en 1984 le Prix FPCC du meilleur scénario pour “La Place du Mort” réalisé par António-Pedro Vasconcelos. Il collabore de nouveau avec Vasconcelos en 1999 pour “Ras le Bol”, qui reçoit le Prix Spécial du Jury au Festival de San Sebastian et le Prix “Cannes Junior” au festival de Cannes. La minisérie “Les Filles du Maitre de Chai”, réalisé par François Luciani en 1997, a reçu de Grand Prix du Sénat de la meilleure série française et sept nominations aux “7 d’Or”. Ses dernières collaborations avec Mário Barroso, “Le Miracle Selon Salomé” en 2004 et “Un Amour de Perdition”, en 2007 ont été sélectionnées dans les plus grands festivals (San Sebastian, Buenos Aires…).


Carlos Saboga est également le scénariste des “Mystères de Lisbonne”, dernière réalisation de Raúl Ruiz. Cette fresque de près de 4h30, encensée par la critique et le public, a été sélectionnée dans le de nombreux festivals (Toronto, New-York, San Sebastian, São Paulo, Hong-Kong, Buenos Aires) et a reçu de prestigieux prix, entre autres le Prix Louis-Delluc en 2010, le Prix du meilleur réalisateur a San Sebastian et le Prix de la critique à São Paulo. Cette adaptation du roman portugais de Camilo Castelo Branco, “Les Mystères de Lisbonne” (qu’il a traduit en français) l’a imposé comme un scénariste majeur. Par la suite il continue de collaborer avec Raúl Ruiz, pour qui il écrit une seconde fresque historique, “Les Lignes de Wellington”. Le film sera finalement réalise par valeria Sarmiento, suite à la disparition de Ruiz.

En 2012, à 76 ans, Carlos Saboga réalise sen premier long-métrage “Photo”, qui est présenté en compétition au festival de Rome la même année.


FILMOGRAPHIE


Directeur :
“À une Heure Incertaine” – 2015
“Photo” – 2012


Scénariste :
“À une Heure Incertaine” de Carlos Saboga – 2015
“Photo” de Carlos Saboga – 2012
“Les Lignes de Wellington” de Valeria Sarmiento – 2012
“Les Mystères de Lisbonne” de Raúl Ruiz – 2010
“Un Amour de Perdition” de Mário Barroso – 2007
“Le Miracle Selon Salomé” de Mário Barroso – 2004
“Jaime” de António-Pedro Vasconcelos – 1999
“Les filles du maître de chai” de François Luciani – 1997
“Le trajet de la foudre” de Jacques Bourton – 1994
“Le fils d'un autre” de Michel Lang – 1992
“Un ballon dans la tête” de Michaëla Watteaux – 1992
“Adeus Princesa” de Jorge Paixão da Costa – 1992
“Aqui D'El Rei!” de António-Pedro Vasconcelos – 1992
“Retrato de Família” de Luís Galvão Teles – 1991
“Matar Saudades” de Fernando Lopes – 1988
“O Lugar do Morto” de António-Pedro Vasconcelos – 1984

Joana Ribeiro

Après avoir terminé un workshop de sur le jeu d'acteur au cinéma à la New York Film Academy, Joana Ribeiro débute en 2012 dans le feuilleton “Dancing Days”, acclamée à l’unanimité. Suite à ce succès elle est à nouveau appelée à incarner l’un des personnages principaux dans « Sol de Inverno » et « Poderosas », encore à l’affiche aujourd’hui.


Lauréate du prix Novos 2013, dans la catégorie Télévision et Personnalité Féminine de la revue Lux, catégorie télévision-fiction, en 2012, Joana Ribeiro est considérée à 2 ans comme l'une des actrices ayant le plus de potentiel et d'avenir dans le panorama artistique portugais.


Filmographie Sélectionnée :
“A une heure incertaine”, de Carlos Saboga – 2015
“Poderosas” (Série Télévisée) – 2015
“Sol de Inverno” (Série Télévisée) – 2013-2014
“Dancin’ Days” (Série Télévisée) – 2012-2013

Paulo Pires

Il débute au cinéma en 1994 dans le film «Zéfiro » de José Àlvaro Morais, mais c’est à partir de son rôle dans le film « Cinco Dias, Cinco Noites », de José Fonseca e Costa, en 1996, que la représentation prend un tournant décisif dans la carrière de Paulo Pires, qui abandonne progressivement sa carrière de mannequin.


Ses expériences au théâtre, notamment au Teatro Aberto at au Teatro Nacional D. Maria II, cimentent son parcours, outre sa présence régulière dans des séries et téléfilms, tant nationales qu’internationales. Au cinéma, Paulo Pires a collaboré avec des cinéastes comme Valeria Sarmiento, Raul Ruíz, Mário Barroso et Joaquim Leitão, entre autres.


Filmographie Sélectionnée :
“A une heure incertaine"”, de Carlos Saboga – 2015
“Quarta Divisão”, de Joaquim Leitão - 2013
“Les Lignes de Wellington"”, de Valeria Sarmiento – 2012
“Second Life”, de Miguel Gaudêncio e Alexandre Valente - 2009
“Um Amor de Perdição”, de Mário Barroso - 2008
“Do Outro Lado do Mundo”, de Leandro Ferreira - 2008
“Até Amanhã Camaradas” (Série Télévisée), de Joaquim Leitão – 2005
“Milagre Segundo Salomé”, de Mário Barroso – 2004
“Maria e as Outras”, de José de Sá Caetano
“O Fascínio”, de José Fonseca e Costa - 2003
“Fúria de Viver” (Série Télévisée) - 2002
“Alta Fidelidade”, de Tiago Guedes e Frederico Serra - 2000
“Jornalistas” (Série Télévisée) – 1999-2000
“Médico de Família” (Série Télévisée) - 1998
“Cinq jours, Cinq nuits”, de José Fonseca e Costa - 1996
“Zéfiro”, de José Álvaro Morais - 1993

Judith Davis

Après des études de Philosophie à la Sorbonne, Judith Davis fréquente l’Ecole de Théâtre Claude-Mathieu qu’elle termine en 2004.


Son premier rôle en tant qu’actrice surgit un an plus tard, dans une série télévisée, mais c’est en 2007 que Judith Davis débute au cinéma, avec « Jacquou le Croquant», de Laurent Boutonnat, d’après le roman d’Eugène Le Roy. Depuis lors, elle a été protagoniste de films tels que « Je te Mangerais » de Sophie Laloy, « Viva la Libertá » de Roberto Andò ou, plus récemment, « Trois Souvenirs de Ma Jeunesse » d’Arnaud Desplechin.


Filmographie sélectionnée :
“A une heure incertaine”, de Carlos Saboga – 2015
“Trois Souvenirs de Ma Jeunesse” de Arnaud Desplechin – 2015
“Viva a Liberdade” de Roberto Andò – 2013
“Je Ne Suis Pas Mort” de Mehdi Ben Attia – 2012
“La Ligne Blanche” de Olivier Torres – 2010
“Semanas Alternadas... e Metade das Férias Escolares”, de Ivan Calbérac – 2009
“Réfractaire”, de Nicolas Steil – 2009
“Je te Mangerais”, de Sophie Laloy - 2009
“Jacquou le croquant ”, de Laurent Boutonnat – 2007

Grégoire Leprince-Ringuet

Né en Normandie, Grégoire Leprince-Ringuet a été membre de la chorale d’enfants de l’Opéra de Paris, où il était soliste. En 2002, il termine sa formation en théâtre à l’école des Enfants de la Comédie et l’année suivante il débute son parcours au cinéma, comme l’un des protagonistes dans « Les Égarés » d’André Téchiné. En 2006, il remporte un rôle dans « Selon Charlie » de Nicole Garcia (Sélection Officielle en Compétition au Festival de Cannes) et l’année suivante dans « Les Chansons d’Amour » de Christophe Honoré. Sa collaboration avec Christophe Honoré se prolonge dans « La Belle Personne », l’année d’après.


En 2010, il participe au film « Les Mystères de Lisbonne » de Raúl Ruiz, et l’année suivante dans « Les Neiges du Kilimandjaro » de Robert Guédiguian.


Filmographie sélectionnée :
“A une heure incertaine”, de Carlos Saboga – 2015
“Les neiges du Kilimandjaro”, de Robert Guédiguian – 2011
“Les Mystères de Lisbonne” (Mini-série), de Raúl Ruiz – 2010
“La Princesse de Montpensier”, de Bertrand Tavernier – 2010
“L'Autre monde”, de Gilles Marchand – 2010
“Réfractaire”, de Nicolas Steil – 2009
“L'Armée du crime”, de Robert Guédiguian – 2009
“La Belle personne”, de Christophe Honoré – 2008
“Les Chansons d'amour”, de Christophe Honoré – 2007
“Selon Charlie”, de Nicole Garcia – 2006
“Les Egarés”, de André Téchiné – 2003

Filipa Areosa

Formée à l’Escola Professional de Teatro de Cascais, Filipa Aréosa participe, dès 2005, à diverses pièces de théâtre mises en scène par Carlos Avilez.


Découverte à la télévision en 2012, elle participe comme protagoniste dans les séries « Morangos com Açúcar », « Mundo ao Contrário » et, plus récemment dans la série acclamée de RTP1 « Os Filhos do Rock ».


Filmographie sélectionnée :
“A une heure incertaine”, de Carlos Saboga – 2015
“Mar Salgado” (Série Télévisée) – 2014-2015
“Os Filhos do Rock” (Série Télévisée) – 2013-2014
“Mundo ao Contrário” (Série Télévisée) – 2013
“Morangos com Açucar” (Série Télévisée) – 2011-2012

Carlos Saboga

Entretien avec Carlos Saboga

P.: Votre film précédent traitait des années 60/70, mais vues avec un regard actuel. Dans Photo, il y avait, en quelque sorte, un règlement de comptes avec l’Histoire récente du Portugal, en particulier avec la dernière décennie de la dictature fasciste. Maintenant, dans A Une Heure Incertaine, vous retournez plus en arrière, dans le Portugal salazariste de 1942, pendant la Deuxième Guerre Mondiale, à travers un film d’époque.

Pour paraphraser Alexandre O’Neill, le Portugal est un sujet, une question, qui vous hante ?
CS. : De toute façon, et pour continuer à paraphraser O’Neill, « il ne s’agit pas de remords ». En effet, si les deux films que j’ai réalisés se déroulent l’un et l’autre au Portugal, il me semble, qu’au fond, l’un comme l’autre questionnent l’époque plutôt que le pays. Si j’ai encore un questionnement par rapport au Portugal ce n’est certainement pas un problème d’ordre identitaire ou de règlement de compte. Ça l’a été. Mais après tant d’années de séparation, le Portugal est, pour moi, avant tout une langue et une mémoire. Je dois ajouter que je ne suis pas supporter de Benfica, et que le fado n’est pas, parmi d’autres, la musique je préfère.


P.: La question de l’exil forcé, ici au travers des deux réfugiés de guerre français, revient, cette fois de forme distincte.
CS.: Peut-être, je n’en sais rien, parce que l’exil, forcé ou choisi, est un point de départ intéressant en termes dramatique, qui permet à l’auteur un regard, disons, plus distant sur les deux marges, celle que l’on a laissé, et celle que l’on rejoint. Mais je suppose que l’autobiographie n’est pas tout à fait étrangère à cette attraction pour les exilés comme un vague parfum de désertion, de trahison, et même…. Le sentiment conséquent de culpabilité qui les ronge …


P.: Dans ce “monde fermé” où tous semblent cacher un secret, l’inspecteur Vargas finit par avoir un comportement différent que celui que l’on pourrait attendre d’un inspecteur en chef de la PIDE, contrairement à Jasmim, son subalterne. Ceci est-il dû au fait qu’il ait quitté le pays, pour combattre en Flandres pendant la Première Guerre Mondiale ? Celle que Laura appelle « L’autre guerre », et à quoi il répond qu’il n’y a qu’une seule guerre, continue, et aucun lieu sûr.
CS.: Je pense que Vargas est, après les deux français, le troisième exilé du film, latent, mais radical, parce qu’il ne croit même pas qu’il puisse y avoir un port d’abri possible. C’est un mort en suspens. Un « étranger ». L’expérience en Flandre, le souffle de la mort sur le champ de bataille, semblent l’avoir convaincu que la guerre est une condition inéluctable de l’homme. C’est probablement ce qui l’emmène à se renfermer par rapport aux autres. Et à ses sentiments.


P.: Ilda, la fille adolescente, a une énorme volonté de vivre, toujours attentive aux bruits, aux signes venant de l’extérieur. Simultanément, elle ressent une énorme passion pour son père, aussi physique et incestueuse, qu’elle révèle elle-même lorsqu’elle fantasme en lisant un épisode des Filles de Loth de l’Ancien Testament.
CS.: Ilda est l’opposé de Vargas. C’est sa seule vitalité, sa soif de reconnaissance de la part de son père qui fait avancer l’action. Ni la trahison, ni le crime ne la ferons reculer.


P.: Le titre du film, A Une Heure Incertaine, reprend en quelque sorte l'idée que le hasard finit souvent par avoir un rôle décisif dans la vie de chacun. Et que les vies se dénouent dans ces lieux de « passage, ou à mi-chemin » comme l’a été le Portugal pour les réfugiés de guerre à cette époque-là, comme l’est le passage de l’hôtel vers l’annexe, où le film se dénoue.
CS.: A vrai dire, le titre je l’ai piqué au poème de Primo Levi, Ad ora incerta, lui-même emprunté au proverbe latin Mors certa, hora incerta.


P.: Vous avez une œuvre longue et consacrée comme scénariste, et avez travaillé avec de grands réalisateurs. Vous disiez dans un entretien que souvent les scénaristes se sentent, en quelque sorte, frustrés car le résultat ne correspond jamais à ce qu’ils avaient idéalisé sur papier. Est-ce que entre le tournage et le montage de ce film, Carlos Saboga le réalisateur a effectué beaucoup de changements dans ce que Carlos Saboga le scénariste a écrit ?
CS.: L’écrit a été relativement modifié (la chair est faible)… L’esprit est demeuré inchangé. Je dois ajouter que, même avant d’avoir réalisé mon premier film, j’ai toujours considéré que les réalisateurs avaient totalement le droit de s’approprier ce qui était écrit. C’est la règle du jeu. En contrepartie, l’ignorance générale avec laquelle la critique contemple habituellement le travail du scénariste, me semble illégitime.


P.: Vous travaillez à nouveau avec Mário Barrosso, qui a également été responsable de la photographie dans Photo, et avec lequel vous avez travaillé comme scénariste, sur les deux longs métrages qu’il a réalisés, Um Amor de Perdição, adaptation contemporaine de l’œuvre de Camilo, et O Milagre Segundo Salomé, adaptation du roman de José Rodrigues Miguéis, sur le Portugal de la première république. La photographie est extrêmement importante dans la création de cette atmosphère oppressante que le pays vivait.
CS.: Je travaille avec Mário Barroso depuis la fin des années 70, si l’on compte les courts-métrages à moitié réalisés et les projets frustrés. Son rôle dans les deux films que j’ai réalisé a été essentiel.

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