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Catalogue

À Jamais

À Jamais

Un film de Benoit Jacquot

Avec Mathieu Amalric, Julia Roy​​​, Jeanne Balibar

Laura et Rey vivent dans une maison au bord de la mer.

Il est cinéaste, elle crée des « performances » dont elle est l’actrice.
Rey meurt —accident, suicide ?—, la laissant seule dans cette maison.
Mais bientôt, seule, elle ne l’est plus.
Quelqu’un est là, c’est Rey, par et pour elle, comme un rêve plus long que la nuit, pour qu’elle survive.

  • Site officiel
  • 2016, France / Portugal - 2016 - Durée: 1h30 - Image: 1.85 - Son: 5.1

Date de sortie

Disponible en
DVD

DVD

Langage:

Français


Sous-titres:

Anglais, Portugais

Caractéristiques:

TOUS PUBLICS | DVD 5 | PAL | FORMAT 1.85:1 - ECRAN 16/9 COMPATIBLE 4/3 | COULEUR | AUDIO 5.1 DOLBY DIGITAL | 82 MIN.

Disques:

1

Casting

Mathieu Amalric - Rey

Julia Roy - Laura
Jeanne Balibar - Isabelle
Victoria Guerra - Marie
Elmano Sancho - Le producteur
José Neto - Le propriétaire

Équipe

un film de Benoit Jacquot

Scènario : Julia Roy
D’après « The Body Artist » de Don DeLlilo
Image : Julien Hirsch - AFC
Assistant metteur en scène : Antoine Santana
Son : Pierre Tucat
Montage son : Francis Wargnier
Mixage : Olivier Goinard
Montage : Julia Grégory
Musique originale : Bruno Coulais (© Passerelle/Cristal Publishing)
Costumes : Valérie Ranchoux
Décors : Paula Szabo
Direction de production : Ana Pinhão Moura
Responsable de production et post-production : Raoul Peruzzi

Produit par Paulo Branco


Une coproduction Alfama Films - Leopardo Filmes
Avec la participation de Ciné+, du Centre National du Cinéma et de l'Image Animée, du ICA (Instituto do Cinema e do Audiovisual) et RTP (Rádio e Televisão de Portugal)
Développé avec le soutien du programme EUROPE CRÉATIVE de l’Union Européenne, de l’ANGOA
Câmara Municipal de Lisboa et Lisbon Film Commission

About Benoit Jacquot

Depuis plus de trente ans, Benoit Jacquot est l'auteur d'une œuvre inclassable, parfois expérimentale et épurée, parfois classique, voire académique, mais toujours passionnante. C’est un cinéaste passionné par le sentiment amoureux et la psychanalyse, mais aussi la littérature puisqu’il a déjà une dizaine d’adaptations à son actif, de romans,  de pièces de théâtre et d’opéras : Dostoïevski, Kafka, Blanchot, Henry James, Yukio Mishima, Marivaux, Corneille, Gide, Puccini, J. D. Salinger, Benjamin Constant, Pascal Quignard, Chantal Thomas, ou encore plus récemment Octave  Mirbeau.  


Benoit Jacquot débute sa carrière au cinéma en 1965 comme assistant de Bernard Borderie, sur un film de la série Angélique, puis de Marguerite Duras sur les tournages de Nathalie Granger et de India Song, mais aussi de Marcel Carné et Roger Vadim. Il réalise au cours des années 1970 plusieurs documentaires sur la psychanalyse (Jacques Lacan psychanalyse I et II) pour la télévision. En 1975, il signe son premier long-métrage, L'assassin musicien, tiré d'un roman de Dostoïevski, dont le dépouillement de la mise en scène et du jeu étonne. Un style bressonien qui se confirme avec son deuxième film, Les enfants du placard (inspiré de la pensée de Jacques Lacan) et celui d’après, Les ailes de la colombe en 1981, ambitieuse adaptation de l’œuvre de Henry James. Neuf ans plus tard, Jacquot signe avec La désenchantée un chef-d’œuvre dans lequel la débutante Judith Godrèche crève l'écran. C'est le début d’une reconnaissance internationale pour le cinéaste. En 1995, il offre à Virginie Ledoyen un de ses plus beaux rôles avec La fille seule, qui vaut à la jeune comédienne d'être nommée pour le César du meilleur espoir féminin. Il signe ensuite Le septième ciel et L'école de la chair (d'après Yukio Mishima). Ce dernier film, avec Isabelle Huppert, une de ses actrices fétiches, est présenté en sélection officielle au festival de Cannes en 1998.


Le sentiment amoureux est son thème de prédilection, mais Jacquot, devenu un des auteurs les plus prolifiques du cinéma français, fait surtout preuve d'un éclectisme rare : après un détour par le théâtre avec La Fausse Suivante inspiré de Marivaux, il signe un film d'époque sur la vie de Sade d’après Benjamin Constant (2000), avant d'engager Isabelle Adjani en 2002 dans Adolphe adapté du roman de Serge Bramly, mais aussi dans l’opéra de Puccini : Tosca. En 2004, il surprend encore en tournant en noir et blanc A tout de suite d'après le roman d’Élisabeth Fanger - récit d'une cavale interprété par Isild Le Besco, qu'il emmène ensuite en Inde à l'occasion de L'intouchable, présenté en compétition à Venise en 2006 (où il avait déjà été sélectionné en 1997 pour Le septième ciel  et en 1999 avec Pas de scandale). Il la retrouve en 2010 pour Au fond des bois. Entre-temps, il adapte Villa Amalia, le roman de Pascal Quignard, qui marque ses retrouvailles avec Isabelle Huppert (2009). Avec Les adieux à la reine, il réunit en 2012 Diane Kruger, Léa Seydoux et Virginie Ledoyen dans une relecture de la Révolution française, qui sera sélectionnée en compétition au Festival de Berlin et recevra le Prix Louis-Delluc ainsi que trois Césars. Son film suivant, 3 cœurs, réunissant Charlotte Gainsbourg, Benoit Poolevorde, Chiara Mastroianni et Catherine Deneuve, est son quatrième long-métrage en sélection officielle à Venise. En 2015, son film Journal d’une femme de chambre, adaptation du roman d’Octave Mirbeau avec Léa Seydoux dans le rôle principal, est sélectionné en compétition au Festival de Berlin.

Benoit Jacquot

Entretien avec Benoit Jacquot

D’où vient « A Jamais » ? D’un roman de Don DeLillo ?

Plus exactement, le film vient de la proposition par le producteur Paulo Branco, de porter ce livre, « The Body Artist », à l’écran. Je ne suis pas familier des livres de Don DeLillo (ni de la littérature actuelle en générale) mais j’ai été frappé immédiatement par la force du récit, des émotions qu’il mobilise —qui, pour le coup, m’ont paru familières.


Comment l’idée du film a-t-elle pris corps ?

Deux perspectives se sont ouvertes ensemble : d’une part, l’expérience de la séparation, de cette absence définitive qu’un deuil fait éprouver. Chacun sait ou saura ce qu’est c’est cette perte. D’autre part, la présence et l’absence, ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, ce qu’on entend ou non —ces figures sont le fond même du cinéma, de tout film, qu’on le veuille ou non. Ce que ce film expose entraîne nécessairement une idée précise de la mise-en-scène comme geste de montrer ou de cacher, ou les deux.


Ce que le film raconte, c’est d’abord l’expérience de cette jeune femme, Laura… Encore un « portrait de femme » ?

Si on veut, pourquoi pas ? En tout cas, c’est la tentative de représenter physiquement, c’est à dire en tout réalisme, un état mental qui tient du délire, celui d’une jeune femme qui perd l’homme qu’elle aime, et qu’elle s’acharne à faire revivre, pour elle-même, pour lui survivre. Quand je parle de « réalisme », c’est pour dire qu’il n’y a pas dans le film d’effets spéciaux d’aucune sorte. Tout ce qui est vu est donné comme visible, ce qui est entendu est donné comme audible, même à l’extrémité d’un délire. C’est un mode particulier du « revenantisme », du fantômal, avec cette idée que les vivants et les morts se partagent inséparablement la présence et l’absence.


Qui est Julia Roy, que vous avez choisie pour interpréter Laura ?

C’est plutôt elle qui m’a choisi ! Elle est une jeune actrice moitié autrichienne-moitié française, elle vivait à Vienne, étudiant et jouant, elle a décidé de venir à Paris par affinité avec le cinéma qui se fait en France. Elle s’est débrouillée pour le rencontrer et j’ai vite senti chez elle une force, une vérité rare. Je lui ai proposé, comme pour faire connaissance, de lire le livre, puis d’écrire un scénario d’après le livre, pour voir. J’ai vu qu’elle était absolument en phase avec le projet. Ce qu’on appelle la « direction d’acteurs (d’actrices) » prend parfois des détours inattendus…


Donc elle a écrit le scénario ?

Dans l’ensemble, oui, suivie par moi de près, mais oui, elle a écrit le scénario en supposant qu’elle allait interpréter cette Laura dont elle construisait le personnage.


Et Mathieu Amalric, qui interprète le « revenant » ?

Ça s’est décidé naturellement. J’avais filmé Mathieu dans La Fausse Suivante de Marivaux, je savais qu’il est un véritable aventurier cinématographique, avant même d’être spécifiquement l’acteur qu’il est. Tout ce qui sort de l’ordinaire du cinéma courant, l’intéresse et l’attire. Acteur ou réalisateur, discrètement, il se construit une filmographie exceptionnelle, exigeante, diverse et personnelle à la fois. Je lui voue estime et affection.


Est-ce que c’est un film hanté ?

Je crois, oui, à beaucoup d’égards. D’ailleurs, trouver le lieu du film était une condition impérative pour entreprendre la production. Il fallait tourner le film au Portugal, et nous avons trouvé au sud du pays une maison en ruines au bord de l’océan, que nous avons reconstituée pour en faire le lien mental visible de ce que vit Laura.


Quelles ont été les conditions du tournage ?

Préparé minutieusement, tourné rapidement, au Portugal donc, avec une équipe portugaise, remarquable, et mes collaborateurs les plus proches, Antoine Santana mon assistant, Julien Hirsch mon opérateur, très liés pour faire le film qu’on voulait voir.

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